
11 novembre 2009, par
Petit rappel salutaire, vous êtes en train de parcourir un site relatif au basketball, l’article qui va suivre ne vous expliquera pas comment survivre dans un univers impitoyable tel que l’état du TEXAS avec pour seul revenu des pétrodollars à la pelle.
Bill SIMMONS et son pote Dave CIRILI, beatwriters respectés du toujours intéressant ESPN.com ont tenté d’expliquer pourquoi des équipes sportives deviennent inexplicablement meilleures une fois que leur star désigné a quitté le navire.
Basketime réagit donc ici à la remise au goût du jour que nos confrères (si tant est que nous puissions nous apparenter aux rédacteurs de ce site "professionnel) de Basketusa ont mis à leur une vendredi dernier à propos du très bon début de saison des ROCKETS amputés de Tracy McGRADY et surtout l’arme fatale Yao MING.
Nous vous expliquerons donc ce que revêt cette théorie avec des mots simples, puis nous l’illustrerons en ne s’éparpillant pas hors du domaine de la balle orange. Nous évoquerons ensuite le cas de l’équipe coachée par Rick ADELMAN et enfin extrapolerons en passionnés que nous sommes sur les franchises qui pourraient (avec un bien criard conditionnel) bénéficier de cet effet.

Pour ceux qui n’arpentent que maintenant la belle Highway bien éclairée qu’est la NBA, Pat EWING fut le franchise player des NY KNICKS de 1985 à 1999, accessoirement un des meilleurs pivots de tous les temps et probablement le plus soyeux shoot de tous les big men ever. Même mon chat zéro (RIP) était tout émoustillé lorsque je lui montrait l’excellent "Standing Tall", VHS officielle de la bête de l’Est (son surnom).
Pat EWING donc fut attendu comme le messie à Big Apple lors de la première draft avec lottery en 1985. Malgré quelques bons joueurs tels Bill CARTWRIGHT, NY végétait dans les bas fonds de la conférence EST, EWING a donc du endosser le costume de sauveur.
Mais c’est qu’avec l’arrivée de Pat RILEY en 1992 que les Knicks ont commencé à se mêler raisonnablement à la lutte contre les cadors Chicago, Cleveland ou bien Boston et des Pistons en déclin.
EWING mène alors une meute de guerriers tels Anthony MASON, John STARKS, Greg ANTHONY et l’âme de l’équipe Charles OAKLEY. Battus par les BULLS en 1992 et 1993, NY est près à succéder aux triple champions Chicago en 1994. Les ROCKETS écriront l’histoire autrement lors de la plus belle série qu’il m’ait été donné de voir en finale, avant que le jeune Shaq prennent la relève en 1995.
NY recrute alors Larry JOHNSON et Allan HOUSTON en 1996 pour enfin suspendre une nouvelle bannière après celles de l’ère REED-FRAZIER au début des 70’s. En pure perte puisque les Invicibulls frustrent à leur tours le grand Pat et sa bande. MJ de nouveau en retraite, les pronostiqueurs voient les Knicks toujours capables de sortir de la conférence EST, renforcés par l’étrangleur de la baie d’OAKLAND, un des meilleurs 2 de la ligue, Latrell SPREWELL.
Lors de la courte saison régulière post lock out, NY va mal mais parvient à se qualifier en PO par la petite porte (8ème spot). Battant à l’orgueil les grands rivaux du HEAT classés têtes de série n°1, l’équipe composée de CAMBY, Kurt THOMAS, Charlie WARD, Chris CHILDS en plus des susnommés retrouve d’autres bons amis des 90’s en finale de conférence, les PACERS, après avoir balayé les HAWKS.
Indiana est une équipe solide, une des plus régulières des 90’s grâce à l’inévitable Reggie MILLER, le grand batave SMITS et pléthore de vaillants soldats tels les DAVIS ou McKEY mais aussi les expérimentés Sam PERKINS et Chris MULLIN plus le polyvalent Jalen ROSE.
Pat EWING se déchire le tendon d’Achille au game 2, s’en est fini des espoirs des Knicks dit-on. Qui va pouvoir contrer Rik SMITS et son shoot d’école ? Finalement, Larry JOHNSON sort son four point play d’anthologie pour gagner le game 3 et les Knicks cloturent la série 4-2.
En lisant le paragraphe précédent, vous avez surement compris où je voulais en venir, retraçant dans les grandes lignes la carrière de Pat EWING et son impact sur sa franchise de NY, en insistant surtout sur la série de PO millésime 99.
Comme d’autres grandes stars, EWING a du se résoudre à prendre sa retraite sans bague de champion. Le rush vers les NBA FINALS après une saison poussive illustre le fait, pour une équipe construite autour d’une star de mieux jouer lorsque celle-ci n’est pas sur le terrain.
La théorie "EWING" consiste en ce postulat déroutant que l’on peut développer comme suit :
- Sans star, le collectif fonctionne mieux. En effet, le basketball se joue à 5 et un seul joueur ne peut pas à lui seul faire la différence si les autres joueurs passent leur temps à le regarder.
Nous connaissons tous la répartition des postes suivante : le meneur organise, l’arrière offre une menace de loin, le pivot est le point d’ancrage près du cercle et celui qui contrôle le rebond, l’ailier fort garde le poste haut et complète le pivot là où l’ailier sert de lien entre les lignes intérieures et extérieures.
Un 5 disposant d’une star cherchera à l’utiliser de manière plus fréquente et déséquilibrera donc le schéma classique qui viens d’être exposé. Ainsi, le fait pour une équipe de disposer d’un arrière star orientera son jeu plus extérieur et aura donc moins d’impact près du cercle là où les shoots rentrent à plus haut pourcentage.
Logiquement, les 4 autres membres de l’équipes sont moins utilisés, l’équilibre est rompu.
Inversement, une équipe sans force individuelle identifiée se reposera sur le collectif.
- Sans star, la pression du résultat est moindre et les seconds couteaux peuvent se lâcher. Plus encore à Big Apple, dans le temple que représente le Madison Square Garden, EWING était attendu comme le sauveur et chaque faux pas en dehors de l’excellence prenait des proportions que l’on ne retrouveraient jamais du côté du Wisconsin ou de l’Oklahoma.
Les spécialistes ont toujours attendu beaucoup des KNICKS ère EWING ce qui pouvait avoir tendance à faire déjouer les lieutenants de l’ancien de Georgetown.
Ainsi, Charles SMITH, superbe ailier de grande taille à l’époque des CLIPPERS rendait une fade copie à chaque match à son arrivée à NY passant de 15pts à 12pts en changeant de conférence. Greg ANTHONY, star des Runnin’s Rebels avec Larry JOHNSON resta scotché en bout de rotation suite à son recrutement par les KNICKS, ceux-ci sortant pourtant d’une saison négative.
Sans l’ombre de leur franchise player, les joueurs moins cotés disposent donc de plus de munitions pour se montrer et gagne ainsi en confiance étant plus responsabilisé. Souvenez vous de Scottie PIPPEN en 94, en course pour le titre de MVP.
- Le coach maîtrise plus son équipe. Dans le basket professionnel, une star dispose d’un grand pouvoir ; il fait vendre des tickets, du merchandising, il offre des créneau de diffusion. En cela, il vaut mieux ne pas se le mettre à dos.
Les coachs doivent donc composer avec leurs stars à moins d’en être eux même une (Phil JACKSON ou coach K par exemple). Ils se brident par conséquent et ne peuvent utiliser le potentiel de leur équipe comme ils le souhaitent.
En règle générale (faut pas pousser quand même), les coachs ont un meilleur QI basket que les joueurs qu’ils commandent. Sans star, leur expérience tactique joue à plein et le collectif tourne donc mieux.
A venir :
Quelques exemples à travers l’histoire
Pourquoi HOUSTON cartonne ?
A qui profiterait une EWING THEORY ?