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  • L’affaire Miles

    16 janvier 2009, par Admin

    Dès cette nuit, connaîtrons nous peut être le fin mot d’une affaire qui commence à alimenter pas mal de débats outre-atlantique : l’affaire Darius Miles.

    Rappel des faits

    En 2004 Portland signe Darius Miles pour 48M$ et 6 ans. En 2005 est signée la nouvelle CBA (convention collective établie entre les représentant des joueurs, des clubs et de la ligue), l’un des apports de cette nouvelle convention est la nouvelle application de la luxury tax. Cette taxe qui était déterminée par le dépassement d’un plafond pour l’ensemble des équipes, est à présent évaluée équipe par équipe, une limite de payroll déterminant qui paiera ou non. Il faut savoir qu’avant cette date la luxury tax, bien qu’existante, n’était pas toujours appliquée par la ligue. Ainsi entre 1999 et 2005 elle ne fut perçue que 2 fois (en 02-03 et 03-04). Beaucoup d’équipes ayant signé leur joueur sans se soucier de cette luxury tax se retrouvent contraintes à faire désormais plus attention à leurs finances, les dérives du passé ne seront plus permises.



    A l’été 2006, Kevin Pritchard, alors coach des Blazers, est nommé assistant-GM de la franchise de l’Oregon avec pour objectifs premiers d’assainir les finances et de rompre avec la piteuse image des JailBlazers que se traîne l’équipe depuis le début du siècle. Si Pritchard, dès sa prise de fonction, réussit à larguer l’énorme contrat de Théo Ratliff et le nouvel enfant terrible du basket Sebastian Telfair aux Celtics, il est forcé de garder Darius Miles qui pourtant ne rentre plus dans les objectifs du club. Darius en plus de collectionner les incartades hors parquet (problème de drogue, port d’arme etc..) est également de plus en plus sujet à des pépins physiques qui lui feront notamment manquer près de 20 matchs lors de la saison 2004-2005. En 2005-2006 Miles se blesse gravement, bilan microfracture du genou droit. Il ne peut éviter l’opération et manque l’intégralité de la saison 2006-2007. En 2007-2008 Darius Miles n’est toujours pas rétabli et avec encore 26.25 M$ de contrat pour les 3 ans à venir, Pritchard décide de prendre les devants. Il demande, en mars 2008, à la NBA et la NBPA (association des joueurs) de nommer un expert médical pour déterminer la gravité de la blessure de Miles.
    Le but de Pritchard est de faire jouer une exception permettant à une franchise de soustraire de son Salary Cap le salaire d’un joueur forcé de prendre sa retraite pour des raisons médicales. Le diagnostique doit être confirmé par un médecin désigné par la ligue afin que l’exception soit validée. C’est ce qu’il s’est passé dans le cas de Darius Miles et en avril 2008 Portland rompt le contrat de Miles ce qui lui permet d’effacer 26.25 M$ de ces tablettes pour les 3 prochains exercices. Logiquement la petite histoire aurait du s’arrêter là, seulement voilà Miles n’est pas homme à renoncer et annonce qu’il refoulera un jour les parquets. Tout va bien dans les meilleurs des mondes pour les Blazers qui renouent avec le succès et passe prêt d’une qualification en PO. Oden redevient opérationnel et la draft leur permet de gratter Bayless et Batum. Comme je vous le dit tout va bien jusqu’à ce que Miles repointe son nez dans le courant de l’été 2008 du côté de Boston lors de la présaison.

    Le hic c’est que la convention collective indique que si un joueur prouve que le diagnostique du médecin était faux et reprend sa carrière, à l’issu de son dixième match joué (Présaison, SR ou PO inclus), l’intégralité de son salaire est reversé dans le Salary Cap de son ancienne franchise. Et si tel est le cas Portland devra s’acquitter des 18M$ du salaire mais également de la luxury tax (estimée à 8M$) et pour terminer aura 9M$ de moins à dépenser lors de le prochaine intersaison leur octroyant toute chance de signer un top FA. Du côté Portland, on fait grise mine mais après 6 petits bouts de matchs, Boston rompt le contrat de Miles avant la SR. Les fans des Blazers respirent à nouveau mais voilà son ombre réapparaît du côté de Memphis en décembre. Après avoir purgé sa peine de 10 matches de suspension pour usage de drogue, il rentre 2 minutes le 4 janvier et 7 minutes le 6 janvier. Pendant ce temps, le front office des Blazers s’active pour que l’exécutif NBA invalide le retour de Miles sur les parquets en s’appuyant sur les conclusions qu’avait rendu l’expert médical de la ligue. En fait les Blazers craignent surtout que des équipes mal attentionnées se servent de Miles pour porter préjudice à l’équipe en plombant leur finance Cependant la NBA rejette leur appel en les renvoyant aux règles de la CBA. Les oregonais ne sont plus qu’à 2 matches de sortir le chéquier.
    Le 9 Janvier Miles est coupé par les Grizzlies pour éviter que son contrat ne devienne "guaranteed". C’est là qu’apparaît, le fameux e-mail de Larry Miller, président des Blazers. Ce courrier fut envoyé le 8 janvier à l’ensemble des franchises NBA. Dans ce courrier Miller met en garde les autres franchises d’un éventuel recours en justice si une franchise venait à signer Miles dans le simple but de mettre à mal les intérêts des Blazers. Cet e-mail, sans précédent, fait depuis beaucoup parler aux US, aussi bien les clubs qui demandent que tes mesures soient prises par la ligue à l’encontre des Blazers, le syndicat des joueurs qui parle de ce mail comme d’une tentative de violation flagrante de la CBA et bien sur les fans.
    Même indignation dans la presse, bien que certaines voix comme Brian Hendrickson, commence à se poser des questions sur les raisons qui ont poussé Portland à réagir de la sorte et que la théorie du complot soulevée par Miller n’est peut être pas si farfelu que cela. Pendant ce temps Darius a ressigné un contrat de 10 jours avec Memphis et déjà joué son 9 match de la saison en plantant 13 pts en 13 minutes (peut être pour disculper les doutes sur son état de santé ?). Cette nuit Miles devrait participer à son 10ème match et condamner financièrement Portland.
    Voilà une drôle d’histoire qui vient égratigner le petit monde lisse que veut nous vendre David Stern en nous rappellant que ce sport reste avant tout un business où chaque franchise est une entreprise souhaitant défendre ses intérêts.
    Quoiqu’il en soit cette histoire semble loin d’être finie.



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